Info+ :
Le SDIS de Côte-d'Or en chiffres :
- 800 sapeurs-pompiers formés aux feux de forêt sur les 2 000 du département
- 27 véhicules dédiés aux feux de forêt
- 45 centres de secours dans le département
Une saison délicate s’ouvre en Côte-d’Or, celle du risque de feu de forêt. Le 15 juin, la préfète a pris un arrêté sur le sujet tandis que les sapeurs-pompiers organisaient une opération de terrain visant à former les cadres de la profession.
La température grimpe déjà dans le département et avec elle le risque augmente qu’un incendie se déclare aussi bien en forêt, dans un champ que sur un plateau desséché. Pour faire face aux évolutions du climat, à l'allongement des périodes de sécheresse et à la multiplication des conditions favorables aux départs de feu, la préfecture de Côte-d’Or a signé un arrêté relatif à l’usage du feu et à la prévention des feux de forêt et d’espace naturel. « Il s’agit de mesures complémentaires à celles qui s’appliquent toute l’année en raison du risque et des conséquences. Il est par exemple interdit de fumer dans les forêts », précise Aurélie Contrecivile, sous-préfète et directrice de cabinet de la préfète de Côte-d’Or.
En fonction de la situation climatique, les niveaux de risque peuvent être rehaussés dans chacun des huit secteurs définis par la préfecture et le SDIS du département. À titre d’exemple, les moissons des agriculteurs peuvent être concernées par certaines restrictions si le niveau de risque devenait trop élevé voire extrême. « Il faut rappeler le rôle de la chambre d’agriculture et des agriculteurs qui, avec leurs outils de déchaumage, participent à la lutte contre les incendies », souligne Hubert Poullot, président du SDIS.
Les pompiers ont rappelé que depuis le 1eʳ janvier 2026, 85 départs de feu ont eu lieu dans le département, dont une quinzaine depuis le début du mois de juin. « 90 % des feux sont dus à l’homme. Un tiers par négligence, un tiers par accident et un tiers se révèlent volontaires », a rappelé Aurélie Contrecivile.
Action et réaction
Malgré tout, les Côte-d’Oriens ont une bonne raison d’être confiants. Les sapeurs-pompiers de Côte-d’Or sont préparés et prêts à intervenir comme ils l’ont montré au cours de l’exercice de terrain qu’ils ont organisé à Vosne-Romanée, sur un site mis à disposition par la commune. « Les feux de forêt n’étaient pas dans notre culture, mais maintenant nous sommes équipés et formés », insiste l’adjudant-chef Arnaud Duprey.

À travers quatre ateliers, les professionnels du feu ont exposé leur savoir-faire en toute circonstance. Dans le cas où les véhicules et les hommes se trouveraient cernés par le feu, les camions peuvent déployer leur dispositif d’aspersion. « Le système fonctionne le temps que le feu passe, soit environ une ou deux minutes. Le véhicule dispose de 4 000 litres d’eau », expliquent les responsables des sapeurs-pompiers.
Avant de vivre une telle situation, les services de secours doivent parfois se frayer un chemin sur un terrain accidenté, voire complexe. Pour conduire cette version tout-terrain du camion de pompier pesant 14 tonnes quand il est plein, les pompiers doivent suivre une formation spécifique qui aboutit à l’obtention d’une certification nationale.
Pour gagner en temps et en efficacité, les pompiers de Côte-d’Or peuvent aussi s’appuyer sur six véhicules équipés d’une piscine mobile de 13 mètres cubes. L’équipement est alimenté grâce à des pompes qui peuvent extraire l’eau d’un étang, par exemple, pour éviter d’utiliser de l’eau potable. « Ce système nous permet de gagner en efficacité et en temps pour l’extinction. Il permet aussi d’économiser les personnels grâce aux lances à canon plus mobiles », précise un gradé qui se réjouit de créer un point d’alimentation pour les camions au plus près du feu.

Pour identifier au mieux les points à traiter sur les feux de forêt, les sapeurs-pompiers du département disposent également de drones. « Je n’étais pas convaincu par cet investissement, mais il a démontré son utilité pour devenir indispensable », sourit Hubert Poullot. L’équipement permet aux professionnels d’observer en temps réel les images au poste de commandement afin d’établir la meilleure stratégie. « Nous engageons vite beaucoup de moyens pour tuer l’incendie dans l’œuf au plus vite afin qu’il ne se propage pas », considèrent les hauts gradés. La Côte-d’Or est prête mais les pompiers, soutenus dans leur action par l’ONF notamment, aimeraient autant ne pas avoir à le prouver. La prévention reste l’affaire de tous.
Nadège Hubert
