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Cette campagne sera disponible pour tous les clubs sportifs du département, qui pourront télécharger le kit de communication sur les sites du département, de la LBFCF ou du DFCO et présenter le QR code à l'entrée de leurs terrains.
« Supporter, ce n’est pas humilier, mais encourager, transmettre de l’énergie, jamais de la colère. » Lundi 30 mars, François Sauvadet et Daniel Fonteniaud, président de la ligue Bourgogne-Franche-Comté de football (LBFCF), ont lancé une campagne de sensibilisation contre les violences dans le sport. Émanant des élus du conseil départemental jeune, elle vise à sensibiliser le plus grand nombre à cette problématique aux effets dévastateurs sur les jeunes, afin de ramener la paix, la solidarité, la mixité et le fair-play sur le terrain.
« Certains de nos camarades n’osent plus aller voir ou pratiquer un sport à cause des violences, des insultes ou des tensions présentes sur et autour des stades », alerte Anissa Barha. La collégienne fait partie des 54 jeunes élus du conseil départemental jeunes qui, en étroite collaboration avec les services du Département de la Côte-d’Or et la Ligue Bourgogne-Franche-Comté de football (LBFCF) et avec le soutien du DFCO, du club Is-Selongey football et de l’Éducation nationale, ont construit une campagne de sensibilisation aux violences dans le sport. Ces violences ont lieu sur le terrain, à ses abords et même au-delà, sur les réseaux sociaux. Elles peuvent être le fait de joueurs, d’éducateurs, de supporters, de parents… Plus que de stigmatiser, la campagne vise à responsabiliser et à promouvoir auprès de tous ces publics la pratique sportive et ses valeurs universelles de respect, de solidarité et de fair-play. « C’est un engagement fort, clair et courageux, une véritable prise de responsabilité politique sur un sujet qui nous concerne tous », salue Daniel Fonteniaud, président de la LBFCF. Discipline plébiscitée et visible, le foot est particulièrement concerné. « Au cours de la dernière saison de football à l’échelle nationale, 910 interpellations ont été recensées, soit une augmentation de 26,7 % », souligne François Sauvadet, président du Département.

Trois outils pour éveiller les consciences
Pensée par les jeunes élus au lendemain des résultats de la grande enquête départementale à destination des collégiens, la campagne s’est construite à partir de témoignages croisés avec l’expérience des clubs, et s’articule autour de trois outils principaux. La plateforme interactive « Permis de supporter », développée par le Conseil départemental en partenariat avec la LBFCF, invite chaque visiteur à l’entrée des stades à répondre à un questionnaire ludique, rapide et anonyme qui lui indiquera quel supporter il est vraiment, et lui prodiguera des conseils et recommandations adaptés à son profil. Pour rendre visible la campagne, des affiches de sensibilisation et des vidéos de prévention ont également été réalisées, mettant en scène des joueurs amateurs et professionnels, et une arbitre. Trois messages sont diffusés : « encourager, ce n’est pas rabaisser » ; « célébrer, ce n’est pas insulter » ; « ici, on respecte l’arbitre ». En plus, Toplà !, la mascotte ambassadrice du permis de supporter, animera les matchs pour instaurer une ambiance festive, fédératrice et chaleureuse au sein des stades.Un travail d’équipe « Le Conseil départemental et la LBFCF nous ont apporté un soutien constant et une aide précise dans la mise en oeuvre du projet », souligne Matt Derojas, un autre jeune élu. La LBFCF est d’ailleurs déjà particulièrement investie sur le sujet des violences. « En BFC, on travaille depuis 2024 pour mettre en place des actions concrètes sur le terrain, auprès des clubs, des dirigeants, des éducateurs, des pratiquants, ainsi que des parents et du public. On fait de la prévention, et on sanctionne fermement lorsque c’est nécessaire. Cela peut aller jusqu’à 20 ans de suspension pour les joueurs comme pour les dirigeants. Cette démarche locale s’inscrit dans une dynamique régionale et nationale : la Fédération française de football a initié un plan d’engagement fédéral dont le premier axe est la lutte contre toutes les formes de violences dans le football », rappelle Daniel Fonteniaud. Déjà engagé dans une démarche d’éducation sociale et d’inclusion, le DFCO dévoilera la campagne au grand public lors de sa rencontre avec le FC Sochaux qui se tiendra au stade Gaston-Gérard le 17 avril. Le club s’engage également à promouvoir la campagne sur ses réseaux sociaux qui comptent plus de 600 000 fans. De son côté, le club multisites d’Is-Selongey la fera vivre auprès des 50 communes qu’il touche sur le territoire Seine-et-Tille.

« Cette campagne est la première sur ce thème en Côte-d’Or », félicite François Sauvadet. Mais elle ambitionne de toucher l’ensemble de la région et pourquoi pas même d'inspirer d’autres départements. Si le football constitue la première étape de la campagne, elle pourra à l’avenir être déployée et adaptée à d’autres disciplines. La démarche se veut là aussi globale, comme le souligne l’élu : « Le Département va continuer de prendre des initiatives sur la lutte contre le harcèlement, car aucun avenir ne se construit dans la violence. »
Déborah VITAL
