Qu’est-ce que la performance au travail ? Dans nos vies ? Sur le terrain ? Mardi 3 février, en préambule du match de handball féminin JDA versus Nice, le réseau Energies Mixité du groupe EDF en Bourgogne-Franche-Comté a organisé un moment d’échange entre ses salariés et Lucile Bongiovanni, présidente déléguée de la JDA autour de la performance pour en discuter.
« Il y avait un pari sur moi quand je suis arrivée ici que je ne tiendrais pas 6 mois. Parce que je suis une femme, parce que j’étais jeune, et parce qu’il parait que j’ai mauvais caractère. C’était en 2018. » Lucile Bongiovanni, présidente déléguée de la JDA autour de la performance, ne mâche pas ses mots face aux salariés du groupe EDF en Bourgogne-Franche-Comté. En un peu plus d’une heure, elle leur raconte son parcours, son travail aux côtés de l’équipe de handball féminin classée troisième au niveau national la saison passée, autour d’une notion centrale : la performance. Elle invite les participantes et participants à exprimer les mots que ce concept leur inspire : engagement, motivation, objectifs, soutien, satisfaction, persévérance, discipline, travail… « Ce mot est vaste, mais à minima, il y a une notion de durée, de répétition, d’adaptation et de sens. On doit savoir pourquoi on performe », résume la professionnelle. Chez EDF, la performance va dans le sens de la raison d’être : « aider les clients à se décarboner grâce à l’électrification des usages, grâce aux énergies renouvelables, et en relançant la filière nucléaire », affirme Carmen Munoz-Dormoy, directrice de l’action régionale Bourgogne-Franche-Comté du groupe EDF. « On performe pour apporter une énergie abondante, compétitive et décarbonée. »

Le droit à l’erreur
Si la performance est essentielle dans le milieu sportif et dans celui du travail, les erreurs sont humaines, inévitables, les doutes, les blessures, l’échec font partie du lot. La performance réside donc aussi dans la capacité à prendre le temps d’échanger sur ces sujets, avec le moins de jugement possible. « Le cadre de performance doit être clair », précise Lucile. « À la JDA, il est simple : on veut rendre les gens heureux, en leur provoquant des émotions. On doit avoir plaisir à être ensemble, se respecter et se dépasser. Il nous reste à travailler à aussi se satisfaire de ce qu’on a », sourit-elle. La performance étant cyclique, elle relève également de la résilience, de la capacité à se relever rapidement. « En tant que sportives de haut niveau, les joueuses ont l’habitude d’échouer et de se relever, elles arrivent plus vite à l’acceptation. »
Performer grâce à la mixité
L’équilibre à trouver pour performer réside aussi dans la mixité. « On ne peut pas performer en se privant de la moitié de l’humanité. En tant que manageuse expérimentée, je constate que dans les équipes où la mixité est équilibrée, on a une meilleure performance, plus d’harmonie », souligne Carmen. « C’est logique. Notre entreprise s’inscrit dans un milieu socio-économique, dans lequel les femmes représentent 50 % de la population. On doit ressembler à la société que l’on sert. » Pourtant, il reste encore du chemin à parcourir en ce sens, dans les milieux sportifs et professionnels. Du côté de la JDA, Lucile explique être en alerte pour relever les comportements sexistes, et se bat contre les différences de traitement liées au genre. Chez EDF, si l’ambition d’égalité est affirmée, que les femmes sont présentes dans les comités de direction et exécutif (respectivement à hauteur de 33% et 23%), que les grilles salariales sont les mêmes et que son usine Framatome à Montbard compte de nombreuses employées, « nous avons un gros travail à faire avec l’Éducation nationale pour renforcer la part des femmes sur les métiers techniques », alerte Carmen. « Ce ne sont plus des métiers pénibles, ils rémunèrent bien car ce sont des métiers en tension. Nous avons donc besoin de recruter davantage, et les femmes sont un vivier. »