À Beaune et dans la communauté d’agglomération Beaune Côte-et-Sud, les vœux ont été l’occasion de rappeler le rôle des élus jour après jour et les difficultés auxquelles ils doivent se confronter dans l’intérêt général.
« Beaune ne s’abandonne pas au climat ambiant », a introduit Charlotte Fougère, chargée de la culture, du mécénat et des grands projets à la mairie de Beaune. Comme à l’accoutumée, elle a introduit la cérémonie des vœux de la ville et de la communauté d’agglomération Beaune Côte et Sud. Pour entamer les discours, elle a mis en lumière plusieurs priorités en commençant par la jeunesse, à laquelle elle souhaite donner des perspectives désirables, mais aussi les agriculteurs qui devraient pouvoir vivre de leur travail alors qu’ils nourrissent la population. Dans un contexte parfois morose, Beaune « continue d’avancer avec l’ouverture d’une salle de paddle, un festival d’opéra baroque qui a su se renouveler ou encore le palais des congrès qui sait se moderniser. Beaune fait cohabiter tradition et modernité. »
Michel Quinet, maire de Sainte-Marie-la-Blanche et premier vice-président de la communauté d’agglomération, en charge du développement économique, des multimobilités et de la planification, a ensuite pris le relais en évoquant les satisfactions et les préoccupations de l’agglomération. « Les six dernières années ont été marquées par une succession de crises : Covid, confinement, énergétique, Ukraine, dérèglements climatiques et conflits sociaux, tandis que l’agitation politique complique toutes projections. » L’élu a souhaité rappeler que le contexte n’aura pas eu raison de la détermination des élus à maintenir la qualité de vie des habitants, que ce soit avec le déploiement de la fibre, la sécurisation de la ressource en eau et l’harmonisation de son prix ou encore à travers les complexes sportifs qui sortent de terre. « L’attractivité de la ruralité est portée par une ville qui sait l’être », a-t-il insisté.

Du point de vue économique, le territoire entend rester dynamique. « Nous y participons. Le nombre d’emplois progresse et le taux de chômage reste bas. C’est un atout social qui fait des envieux. » Pour autant, la communauté de communes enregistre une perte démographique de 2,41 %, « soit 1 200 habitants en six ans ». Face à ce constat, Michel Quinet a rappelé le poids du contexte financier. « Toutes les collectivités souffrent de la baisse de leurs moyens alors qu’elles subissent l’inflation. La réduction des recettes oblige à la rigueur et aux économies. C’est une perte d’autonomie financière préoccupante pour des communes captives du haut lieu. » Le vice-président a également pointé du doigt l’hyperréglementation qui ne simplifie en rien les choses, provoquant une perte d’humanité dans les relations.
De la difficulté d’être maire
À l’approche des élections, Michel Quinet a expliqué que « les élus ne cherchent pas les feux de la rampe mais des moyens pour aider leurs concitoyens en mettant les mains dans le moteur. » Avec humour, il n’a pas manqué de souligner l’âge moyen des élus, le sien y compris, qui « ne projette pas sur le futur. » Comme un écho, le conseil municipal des jeunes de Beaune a pris la parole pour rappeler que la nouvelle année qui commence traduit un temps de projection et d’espoir. « La jeunesse ne se désintéresse pas, elle observe, s’interroge et agit pour l’avenir. Elle s’implique pour mieux avancer. »

Alain Suguenot a conclu les prises de parole en évoquant une calamiteuse année 2025 où « on change plus souvent de premier ministre que de mot de passe. » Il a mis l’accent sur le rôle quotidien des élus qui doivent « ouvrir les écoles, entretenir les routes, accompagner les associations, écouter les habitants. On s’adapte sans se renier. » Le maire de Beaune et président de la communauté d’agglomération a salué la force de chacun, qu’il soit entrepreneur ou salarié, professeur, soignant, aidant, agent public, gendarme, sapeur-pompier, viticulteur… « Le maire reste le premier repère et le premier bouclier. »
Nadège Hubert
