Le Conseil départemental réunissait les acteurs de l’alimentation, de la production agricole à la restauration collective, afin de se pencher sur les enjeux de territoire et de mettre en lumière les expérimentations.
« Le Département est et restera aux côtés des agriculteurs », a insisté Marc Frot, vice-président du Conseil départemental de Côte-d’Or en introduction à la rencontre Alimen’terre 21. La collectivité s’engage dans un processus de relocalisation de sa souveraineté alimentaire en associant soutien aux filières et prix abordables. « Le Département et ses équipes travaillent à rendre accessibles des produits de qualité à tous, partout. » Le prix et la qualité, deux axes essentiels pour la population. En parallèle, l’alimentation tient aussi une place dans le champ de la transition écologique, imposant chantier qui s’impose à tous. Le projet alimentaire territorial départemental vise à apporter des solutions et des pistes de réflexions.
Du concret pour changer les choses
Pour changer les habitudes alimentaires, plusieurs expérimentations sont en cours, notamment dans la communauté de communes Terres d’Auxois et dans la communauté de communes CAP Val de Saône. Parti d’une feuille blanche, le territoire des Terres d’Auxois a conçu le projet d’une cuisine centrale. Les porteurs se sont confrontés à la problématique de nombreuses petites cantines éloignées les unes des autres avec peu de repas. À chaque problème sa solution, diront certains, puisque le projet de centre hospitalier de Semur-en-Auxois est venu en soutien pour assurer la faisabilité du projet. « Nous soutenons l’élevage sur ce territoire pour accompagner le déploiement de la filière locale. L’objectif est de maintenir la production et la consommation localement », a précisé Maëva Vincent, en charge de l’élaboration et de la mise en œuvre de la stratégie alimentaire et territoriale de la communauté de communes. « Il y a également une forte volonté des élus d’aller sur la lutte contre le gaspillage alimentaire et l’éducation au goût avec des animations dans les cantines », complète-t-elle. Le territoire a également mis en place des casiers destinés à distribuer des produits agricoles au cœur de Semur-en-Auxois. Ces « petits casiers » marchent si bien que les producteurs concernés alimenteront prochainement les cuisines du collège de Montbard.

Du côté du CAP Val de Saône, Marie-Claire Bonnet-Vallet, vice-présidente du Conseil départemental et présidente de la communauté de communes, a rappelé les objectifs de la collectivité. « Nous devons reconnecter la production locale et la consommation locale en passant par le levier de la restauration collective. Nous devons aussi mutualiser les équipements car cela relève de notre responsabilité de gestionnaire de l’argent public. » En ce sens, une cuisine centrale devrait voir le jour en 2028 à Auxonne. Sur 1 300 mètres carrés, l’équipement aura la capacité de réaliser 3 000 repas par jour grâce à une tonne de denrées alimentaires et aux compétences de 19 équivalents temps plein. « Le coût du repas d’une cuisine centrale revient plus cher qu’un prestataire à cinq euros le repas environ mais il faut aussi voir sa valeur pour le territoire et la valeur éducative. En réduisant encore le gaspillage alimentaire, on limitera encore les budgets » détaille Marie-Claire Bonnet-Vallet. La communauté de communes du Mirebellois et Fontenois devrait également profiter du projet. Un équipement qui sera complété par une légumerie départementale, également à Auxonne. Sa mise en service est attendue à la rentrée 2027.

Enfin, un pôle maraichage Perrigny verra quant à lui le jour en 2026 à Perrigny-lès-Dijon. À côté de deux parcelles de respectivement trois et quatre hectares, un bâtiment de 600 mètres carrés sera installé avec deux chambres froides pour le stockage et un site de compostage. En 2025, une production pilote de butternuts sera mise en place.
Le bio gagne du terrain en Côte-d’Or
Le Département s’est également engagé dans le renforcement de l’alimentation bio dans les 54 collèges de Côte-d’Or. Le projet Manger Bio BFC, mis en place en janvier 2025, vise à apporter un menu 100 % bio chaque mois dans les établissements. Des menus complets sont proposés en fonction de la saisonnalité, des abattages et des productions. Après six mois, six menus ont été servis grâce à 23 producteurs impliqués tandis que les fermes bio ont perçu 96 000 euros, soit 5,5 fois plus qu’en 2024. Les établissements sont quant à eux passés de 15 à 23 % de produits bio dans les repas. « Pour la suite, 18 repas 100 % bio Côte-d’Or seront servis sur l’année dans les 54 établissements. En septembre, 35 000 euros ont déjà été versés aux producteurs du département », souligne Camille Kippeurt, directrice de Manger Bio BFC. Sur les 23 000 collégiens de Côte-d’Or, 75 % prennent leur repas à la cantine.
Nadège Hubert
