Pratiquer la culture du risque pour lutter contre les inondations ? Le défi côte d'orien !

Pratiquer la culture du risque pour lutter contre les inondations ? Le défi côte d'orien !

Info+ :

DREAL Bourgogne-Franche-Comté

Pôle VIOTTE, 5 voie Gisèle Halimi

BP 31269 25005 BESANCON Cedex

Téléphone : 03 39 59 62 00

Horaires d’ouverture 

9h00 - 12h00 — 13h30 - 17h00 (sauf vendredi : 13h30 - 16h30)

EPAGE Sequana

21 boulevard Gustave Morizot

21400 Châtillon-sur-Seine

Tél : 03 80 81 56 25

 

Ce séminaire permettant la rencontre et le dialogue entre les différentes parties prenantes autour de la gestion du risque inondation dans la région, qui devient, dans un contexte de changement climatique, encore plus prégnant.

A ce titre, l’évènement est labellisé dans le cadre la COP régionale de Bourgogne-Franche-Comté.

 

 


02 octobre 2025

Plus de 200 élus et techniciens de l’aménagement du territoire se sont retrouvés à Châtillon sur Seine, répondant à l’invitation de la DREAL de Bourgogne Franche-Comté et de la préfecture de région, pour travailler sur le vaste sujet de l’eau et plus précisément de la prévention des inondations. En effet, notre région est marquée depuis plusieurs années par d’importants épisodes d’inondations. Des événements récurrents, dus à des débordements de cours d’eau ou des épisodes de ruissellement qui rappellent la vulnérabilité des territoires face à ces phénomènes.

Un petit mémo pour commencer.

La Côte-d’Or se situe en tête de trois grands bassins hydrographiques Loire-Bretagne, Seine-Normandie et Rhône-Méditerranée, induisant une dépendance directe des ressources en eau aux conditions climatiques. La Côte d'Or compte 3000 km de cours d'eau, 205 km de canaux et 3500 ha de plans d'eau ainsi que 6 grands barrages gérés par VNF sur le canal de Bourgogne que sont les sites de Pont, Panthier, Chazilly, Cercey, Tillot et plus marginalement Grosbois. Le réservoir du barrage de Chamboux est utilisé pour l'alimentation en eau potable.

Les risques inondations et ruissellement concernent 431 communes en Côte-d'Or, dont Dijon et son agglomération (bassin de l'Ouche et de la Tille) et l'essentiel des infrastructures majeures de transport (routier-ferré et fluvial), dans le Val de Saône.

C’est donc devant ce risque majeur que les services de l état incite communes et intercommunalités à rédiger le plus précisément possible leur PPRI (plan de prévention des risque d’inondation) et leur Plan Communal de Sauvegarde. La matinée a été consacrée à deux conférences et aux retours d’expériences pour évoquer le rôle, les devoirs et pouvoirs des élus dans la gestion de crise et la prévention des risques d'inondation. Que faire pour que l'inondation par ruissellement ne s'invite pas au milieu de la commune, entre autres ?  Pourquoi et comment gérer une zone d'expansion des crues ?

 

« Dans la région, un habitant sur trois est concerné par le risque inondations, soit 950 000 personnes, le risque est majeur, il nous faut donc, de manière collective, développer la culture du risque, notamment le risque inondation » explique Paul Mourier, préfet de région, qui indique également qu’il serait raisonnable de ne plus construire…en zone inondable... et que  la Caisse Centrale de Réassurance estime le coût moyen annuel des inondations sur les biens assurés à près de 27 millions d’euros par an pour notre seule région !

Pas de blabla, mais des cas concrets présentés par la préfecture de la Côte d’Or, l’Institut des risques majeurs, la Chambre d’agriculture de la Côte-d’Or, Troyes Champagne Métropole, la ville de Tonnerre, l’Entente Oise-Aisne et l’Etablissement Public Territorial de Bassin Saône et Doubs. Il a été également été évoqué de douloureux souci pour les collectivités en proie avec les conflits d’usage, de normes ou de réglementations…ou quand des avis contraires sont émis par deux services différents comme cela a été évoqué pour Semur en Auxois ou Champagne sur Vingeanne par exemple ! Des sujets difficiles à gérer pour les élus et qui retiennent toute l'attention de monsieur le préfet.

Philippe Vincent, maire de Vanvey et président de l’EPAGE Sequana, note que 150 communes dépendent de cet EPAGE qui a réalisé de nombreux ouvrages pour préserver les hommes et l’environnement. Le dernier en date étant la ZEC urbaine (zone d’expansion de crue) de Châtillon sur Seine unique en France et qui vaut valeur d’exemple à l’échelon national. Un projet qui a nécessité la destruction d’un moulin et un investissement co-financé par l’Agence de l’eau Seine Normandie, le Conseil départemental de Côte-d’Or, la Ville de Châtillon-sur-Seine et le Grand Paris pour une montant de 2,6 millions€, 20% restant à charge de l’EPAGE.

Olivier David, directeur de la DREAL BFC a appuyé sur le rôle prépondérant des maires, au niveau de leur commune, dans l’anticipation, la préparation et la prévention du risque au travers des plans communaux (PCS) et intercommunaux de sauvegarde (PICS). Il rappelle que le risque de ruissellements, dus à l’artificialisation des sols, à leur érosion et aux mutations climatiques, devenant un risque majeur depuis quelque temps, il faudra, désormais, y être beaucoup plus attentif. Pour ce technicien de l’environnement deux mots clés « responsabilité et solidarité territoriale face aux risques…ce qui se passe en amont d’un territoire intéresse le territoire en aval… de la solidarité-amont-aval… ! » Une boîte à outils pour mieux gérer les crises devrait être mise à disposition des élus, des élus qui se doivent de travailler et communiquer avec les habitants.

Paul Mourier rappelle que depuis le 1er janvier 2018, la compétence GEMAPI (gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations) attribuée au bloc communal, vient à l’appui de ce rôle majeur des élus. Afin de faciliter la mise en œuvre de cette compétence, de favoriser les échanges et partages d’expériences entre collectivités, un réseau régional dédié aux acteurs de la gestion du risque inondation est en place depuis 2017.

A l’évocation du travail de collaboration avec le Parc national de forêts, territoire en statut de protection renforcée, monsieur le préfet évoque qu’il a longtemps été question d’évacuer les eaux le plus rapidement possible, il convient, dorénavant, de les retenir par tous les moyens. Outre la création de ZEC, il évoque le sujet de la remise en eau des étangs des Marots, en cœur de parc national. Un sujet sur lequel Paul Mourier travaille de concert avec le PNFo et l’ONF, entre autres, sur lequel il fonde ses espoirs pour garder de l’eau dans la forêt en plus de celle conservée grâce à l’entretien de tous les fossés !

Pendant la pause déjeuner, des stands dédiés à la prévention des inondations sous tous ses axes (prévision, gestion de crise, prévention, culture du risque, etc.) ont bien occupé les participants.

L’après-midi s’est poursuivi par la visite terrain d’un site de restauration de ZEC  au cœur de Chatillon qui permettra, à terme, de restaurer les fonctionnalités hydromorphologiques de la Seine avec une valorisation écologique, paysagère et pédagogique du site.

Était également proposé un atelier de mise en situation de gestion de crise, animé par l’Institut des Risques Majeurs… un évènement fictif majeur de sécurité civile et devront prendre des décisions en temps réel pour assurer la protection des personnes, des biens et de l’environnement.

 

 

 ©Marie Quiquemelle

 

 

 

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