Dijon Métropole, la résurrection du tourisme

15 avril 2025

Fauché dans son élan comme un lapin en plein vol par le Covid, le tourisme dijonnais a repris des couleurs. L’inauguration de la saison jeudi dans l’ancien couvent des Cordeliers n’a pas seulement présenté « une belle dynamique » visible dans le bilan 2024, elle a aussi montré les signes avant-coureurs d’un millésime 2025 qui s’annonce bon. Très bon.

Un timing et un décor riches en symboles : c’est à l’approche des fêtes de Pâques et devant une fresque représentant la crucifixion, dans l’ancien couvent des Cordeliers, que Dijon Bourgogne Tourisme & Congrès a lancé, ce jeudi, la saison touristique 2025. Le hasard fait parfois bien les choses. Mais souvent, les choses ne sont pas dues au hasard. Car derrière ce qui s’apparente à une résurrection d’un tourisme victime du Covid, il y a un travail de longue haleine.

« Les chiffres montrent une belle dynamique », soulignent Sladana Zivkovic et Cordula Riedel, respectivement présidente et directrice de l’office de tourisme, OT. Le bilan 2024 affiche une hausse de 4% des nuitées hôtelières. Certes moindre que la moyenne nationale (12%), boostée par l’effet Jeux Olympiques, mais à contre-courant de la diminution observée au niveau régional. Plusieurs événements d’ampleur nationale et internationale ont contribué à ce résultat : passage du Tour de France, de la Flamme olympique, championnats du monde de pétanque ou encore Golden Coast Festival, premier festival de rap français, ont à eux seuls attiré plus d’une centaine de milliers de visiteurs extérieurs.

L’inauguration du siège de l’Organisation internationale de la Vigne et du Vin à l’hôtel Bouchu dit d’Esterno, suivie dans la foulée par la tenue de son 45e congrès mondial (synonyme de visites de délégations ministérielles), ont participé au développement du tourisme d’affaires et à la visibilité de la destination. 38% des nuitées relevées sont le fait d’étrangers, contre une moyenne nationale de 31%. Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg du tourisme d’affaires – facilité par l’aéroport privé Dijon-Longvic –, sur lequel l’OT travaille avec acharnement : démarchage, workshops, prospection de nouveaux marchés…

 

« Dijon est devenue une destination à part entière »

Le développement du parc hôtelier élargit l’offre touristique, tout en témoignant en creux de la demande. En 2024, deux nouveaux établissements ouvraient leurs portes : le Nomad Hôtel (3 étoiles, 105 chambres) et l’Aloft Hôtel (4 étoiles, 94 chambres). Cette année, le groupe Mariotte ouvrira un hôtel-restaurant Moxy (3 étoiles, 95 chambres) rue de Cluj et l’hôtel Darcy passera en 4 étoiles.

La Ville de Dijon quant à elle continue de travailler sur l’attractivité du centre-ville (aménagements de l’axe Monge-Bossuet, ouverture, en septembre prochain, du nouveau centre Dauphine, valorisation du jardin du Port du Canal qui doit être inauguré en juin…

Autant de nouveautés qui méritaient bien une communication à la hauteur et, stratégiquement, l’été dernier, Dijon Bourgogne Tourisme & Congrès a surfé sur la vague des JO, jouant sur la proximité de Paris et Dijon. La campagne a été notamment affichée dans les gares de Paris, Lyon, Strasbourg, mais aussi Londres, ainsi que sur les réseaux sociaux (plus de 50 millions d’impressions sur Instagram et Facebook).

Cette année, l’OT proposera de nombreuses expériences inédites. Outre les anniversaires des 10 ans de l’inscription des Climats du vignoble de Bourgogne au patrimoine mondial de l’Unesco, des 10 ans du brunch des Halles couplés aux 150 ans des halles, qui arriveront avec leur lot d’événements, il développe sa marque « Nous sommes Dijon Bourgogne », lancée en janvier dernier, et inaugurera en mai, en concertation avec le Département de la Côte-d’Or, la « Route du Cassis » de la Cité de la Gastronomie à Nuits-Saint-Georges. Ou encore, présente des dégustations découvertes et des visites guidées (à la demande du public) autour d’un street art en plein boom à dans la ville.

Tout le travail des différents acteurs semble payer. Globalement, la capitale régionale voit se développer « une nouvelle typologie de visiteurs longs-courriers », explique Sladana Zivkovic. « Un tourisme qui recherche l’authenticité, la rencontre. Un tourisme expérientiel, et non plus de passage. » En témoigne la durée moyenne des séjours, qui a pour la première fois dépassé la barre symbolique des deux nuitées (2,145). « Dijon est devenue une destination à part entière. » Une dynamique qui présage un bon millésime 2025 : « En ce moment, nous sommes à 60% de réservations en plus que l’an dernier à la même époque. » Rien que ça.

Bertrand Carlier

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