Le Département place la Côte-d'Or au coeur de la révolution numérique

Le Département place la Côte-d'Or au coeur de la révolution numérique

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Pour aider les élus à se saisir de ces questions technologiques, à s’approprier les outils, il organise des tournées destinées aux secrétaires de mairie, à l’initiative des communautés de communes, pour les former et les sensibiliser par le biais des conseillers numériques.


10 février 2026

Face aux cyberattaques et aux dangers du numérique, le conseil départemental de Côte-d’Or déploie des outils pour faciliter le quotidien des communes et des communautés de communes et les sensibiliser aux risques qu’elles encourent.

« 60 % des communes de Côte-d’Or ont toujours une adresse en Gmail ou Yahoo, donc leurs données leur échappent, elles sont aspirées par des puissances étrangères », insiste François Sauvadet, président du conseil départemental de Côte-d’Or. Pour répondre à ce danger réel de voir l’identité des habitants, ou d’autres informations, être volées par des tiers, le Département s’est doté d’un véritable bouclier numérique mis à la disposition des communes et des communautés de communes. Les communes peuvent souscrire gratuitement à ce service lancé en juillet dernier, 200 l’ont déjà fait.

En complément, les collectivités locales disposent d’un boîtier de cyberprotection, facile à installer en quelques minutes, afin de filtrer les contenus malveillants mais aussi d'éviter les fuites. « Il faut aussi être attentif à ce qui sort. » En s’appuyant sur l’exemple d’une commune de 250 habitants équipée de cet outil, l’élu et son adjoint au directeur général adjoint, Stephen Loureiro, ont mis en lumière les pays qui ont tenté de puiser les éléments de la mairie. Iran, Russie, Canada, États-Unis, Turquie, Syrie, Australie, Mauritanie… Sans compter les GAFAM, les géants du net, qui prennent aussi leur part. Pour rappel, même si les serveurs sont installés en France, le gouvernement américain peut consulter les données stockées. « Dans une commune de 500 habitants, en installant le boitier, nous avons constaté 174 362 flux toxiques entrants et sortants bloqués en un mois et plus de 1 000 adresses IP toxiques », détaille Stephen Loureiro, dont les services ont pu identifier les failles de sécurité de la commune pour bloquer les accès. « Il peut s’agir d’un vieil ordinateur oublié, d’un photocopieur, d’un ancien serveur… »

Des réalités qui encouragent le département à disposer de ses propres serveurs afin d’en avoir la souveraineté. En ce sens, la collectivité s’est dotée d’un véritable « coffre-fort numérique », un data center pour sauvegarder ses données mais aussi celles des municipalités.

©Nadège Hubert

Maitriser ses données

Sur un autre site discret, le Département a installé son Policloud. Cet arsenal technologique dispose d’une puissance de calcul colossale dans un vrai mouchoir de poche, de la taille d’un container tout de même. « Le Département récupère les données car elles ont une valeur réelle pour piloter les politiques publiques. Nous donnons ensuite accès aux communes à des tableaux de bord de leur situation financière et demain sur leur consommation d’énergie. » Pour être utile, la donnée doit être analysée et restituée afin d’être utilisée avec pertinence. Pour amortir cet investissement d’environ un million d’euros, le conseil départemental loue les capacités de calcul et de stockage à des entreprises, à condition qu’elles montrent patte blanche en respectant l’éthique fixée.

Les élus quant à eux peuvent déjà profiter du Côte-d’Or Street pour lequel 5 815 kilomètres de routes et de véloroutes ont été mis en image, plus de deux millions, avec une précision au centimètre, mieux que son « homologue » américain bien connu. Grâce à son intelligence artificielle, l’outil peut identifier les panneaux, les poteaux, les réverbères… « Tout est capté et pourra être analysé pour repenser un carrefour dangereux et adapter la signalisation si besoin », explique Stephen Loureiro.

En complément, le Département travaille sur sa Côte-d’Or Map, une représentation 3D, « un miroir digital », destinée à accompagner les projets d’aménagement du territoire notamment. « Les élus pourront penser l’orientation, évaluer l’impact du climat ou des changements climatiques à travers des scénarios, modéliser les évènements imprévisibles. Grâce à l’IA prédictive, on pourra anticiper. » François Sauvadet met l’accent sur les précieuses heures qui pourront aussi être gagnées face à des inondations en bloquant des routes ou en prévoyant l’intervention des secours. Le Département planche également sur une solution pour prévenir au plus tôt les feux de forêts.

Des solutions et des économies concrètes

Le président du conseil départemental a également mis en avant le travail mené sur les jumeaux numériques du bâtiment, comme il l’a fait pour son site Tissot à Dijon. « Nous pouvons connaitre les usages d’occupation, piloter les énergies et couper les vannes si une fuite d’eau est détectée. » Cette maitrise du site peut servir pour confirmer les surfaces facturées par un prestataire de ménage. « Nous avons pu économiser 700 000 euros par an en gérant aussi mieux la dette en optimisant les factures. »

Cette maitrise des bâtiments et l’utilisation de l’IA ont également permis au département d’installer des panneaux photovoltaïques pour en tirer le meilleur. « Nous travaillons aussi à de l’autoconsommation collective sur nos sites. En 2026, nous devrions équiper notre site de Til-Châtel tandis que l’énergie produite alimentera l’espace solidarité d’Is-sur-Tille, l’agence technique et une armoire fibrée », explique Stephen Loureiro.

Le Département porte d’autres projets comme développer des assistants IA, véritables robots d’assistance pour les secrétaires de mairie, ou encore développer de nouveaux services aux usagers avec, par exemple, un futur numéro vert appuyé par une intelligence artificielle et un chatbot.

Nadège Hubert

©Nadège Hubert

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